lundi 13 août 2012

Le double séisme en Iran fait 306 morts et 3.037 blessés


Le double séisme de magnitude 6,3 et 6,4 ayant frappé le nord-ouest de l'Iran a fait 306 morts en majorité des femmes et des enfants et 3.037 blessés, selon un nouveau bilan du ministère iranien de la Santé.
séisme en Iran
Le double séisme de magnitude 6,3 et 6,4 ayant frappé le nord-ouest de l'Iran a fait 306 morts en majorité des femmes et des enfants et 3.037 blessés, selon un nouveau bilan du ministère iranien de la Santé.

Parmi les corps placés dans les morgues des hô pitaux de la région montagneuse de Varzeghan, il y avait "219 femmes et enfants, et 49 hommes", soit un total de 268, a précisé la ministre de la Santé, Mme Marzieh Vahid Dastjerdi devant le Parlement, cité par le site du Majlis.

Les médias iraniens avaient rapporté dimanche que certains cadavres avaient été enterrés sur place sans être envoyés dans les morgues de la région. Sur les 3.037 blessés, "2.011 ont été soignés sur place" et les autres envoyés dans les hô pitaux de la région, a indiqué Mme Vahid Dastjerdi.

Selon le responsable de la cellule de crise du ministère de l'Intérieur, Hossein Ghadami,"la plupart des victimes ont perdu la vie aux premiers moments du séisme car de nombreuses maisons de la région sont en terre et, avec le poids des plafonds, les victimes n'ont eu aucune chance"..

"Notre priorité était de rechercher les survivants sous les décombres (...). Dimanche à 06H00 du matin, nous avons eu l'assurance qu'il n'y avait plus de corps et de survivants sous les décombres", a-t-il ajouté.

Le gouvernement a décidé d'apporter une aide rapide aux habitants de la région pour reconstruire leurs maisons.

Les deux séismes, dont les épicentres se trouvaient à Ahar et Varzeghan, ont frappé la région dans la province de l'Azerbaïdjan oriental à quelques minutes d'intervalles (16 h 53 et 17 h 04, heures locales), samedi. 

L'Iran est situé sur plusieurs failles sismiques importantes et a connu de nombreux tremblements de terre dévastateurs. Le séisme le plus meurtrier ces dernières années a tué 31 000 personnes, soit un quart de la population, dans la ville de Bam dans le sud du pays, en décembre 2003.

Histoire. Le Maroc avant l'islam

Histoire. Le Maroc avant l'islam
En 285, les Romains se replient et abandonnent le Maroc au profit des Vandales.
L’arrivée de l’islam au VIIème siècle est un moment fondateur et essentiel dans la formation de la nation marocaine. Mais avant que les troupes musulmanes n’atteignent les frontières du Maroc, ce dernier avait déjà une identité, une histoire et une spécificité géographique et culturelle. Retour sur les origines d’un vieux pays et une très ancienne nation.

De nombreux historiens marocains aiment rapporter, avec une certaine délectation, cette anecdote qui s’est déroulée dans la cour d’un calife abbasside à Bagdad. Un courtisan, croyant flatter le calife, explique à ce dernier que le monde ressemble à un immense oiseau, dont la tête se trouve en Orient, les deux ailes se déploient au Yémen et en Syrie, le cœur est en Irak, tandis que la queue se situe à son occident, le Maghreb. Un Marocain présent à la cour du calife intervient alors pour confirmer les propos du courtisan en disant : “Oui, le monde ressemble effectivement à un paon”, allusion faite au chatouillant et bel éventail de plumes que forme la queue du paon, la partie la plus noble de cet oiseau. Le calife a souri de la remarque de son hôte marocain et l’a récompensé, pour son mot d’esprit et sa fierté nationale. Comme l’indique cette anecdote, les Marocains ont toujours eu la conviction chevillée au corps d’appartenir à une entité géographique distincte et à une culture et une histoire spécifiques. Leur pays n’est pas exclusivement berbère, arabe, musulman, juif ou africain, mais il est tout ça à la fois. Un mélange, une synthèse.

Un pays mythiqueSon ancien nom, Al Maghrib Al Aqsa, l’Extrême Occident, traduit cette singularité et cette spécificité, même aux yeux des étrangers qui le percevaient comme une terre lointaine, excentrée, qui fascine et intrigue. Divers mythes et légendes expriment la curiosité que suscitait le “Far West” du monde : c’est là que vivait Atlas, le géant de la mythologie grecque, qui donne son nom à la chaîne de montagnes, condamné par Zeus, pour son insoumission, à porter sur ses puissantes épaules la voûte céleste. C’est à Tanger que Hercule a ouvert le détroit de Gibraltar en fendant d’un vigoureux coup d’épée deux montagnes, séparant ainsi définitivement l’Europe de l’Afrique. Et c’est dans cette contrée que les Atlantes, peuple mythique descendant du dieu de l’océan, se sont installés pour fonder un empire puissant qui s’étale, selon la légende, du Sénégal aux îles britanniques. L’histoire du Maroc, avant l’avènement de l’islam au 7ème siècle, démontre la spécificité culturelle et géographique du Maroc, “pays détaché de tout autre pays”, comme le décrivait Ibn Khaldoun. L’histoire ancienne démontre comment le Maroc s’est fait et formé de mélanges entre des vagues successives de races, de cultures, de religions et d’influences venant de tout horizon, et dont l’islam et l’arabité ne sont qu’une composante, essentielle et importante.

“Soukan al maghrib al awaloun”Sans remonter à des temps immémoriaux, il est généralement admis que les premiers habitants du Maroc sont les Berbères, un ensemble de populations apparues depuis plus de 9000 ans en Afrique du Nord suite à des vagues migratoires venues du Proche-Orient. Le déplacement de groupes venant d’Orient et leur installation au Maroc constituent une caractéristique de l’histoire du pays au fil des siècles. Un autre courant migratoire préhistorique est venu de la Méditerranée pour s’agréger et se fondre aux populations venues de l’Orient, pour donner aux habitants du Maroc et du Maghreb une originalité physique et culturelle.
Dans son monumental Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun attribue l’origine du mot “berbère” à la difficulté des dialectes parlés par les populations du Maghreb, que les différents envahisseurs n’arrivaient pas à déchiffrer et comprendre. Le grand historien explique alors que le mot “barbara” en arabe signifie des cris incompréhensibles ainsi que les rugissements du lion. Ibn Khaldoun reprend dans son explication une origine plus ancienne du mot berbère, qui dérive du mot latin Barbarus, signifiant étranger à la langue et à la culture des Grecs, et désignant aussi les populations qui vivaient en dehors de l’empire romain.
La question de l’origine des Berbères a toujours été un enjeu crucial et important, qui dépassait le cadre de la connaissance scientifique. La recherche historique a été souvent mise à contribution pour servir des ambitions politiques et forger une vision idéologique de l’identité du Maroc et de son histoire. Ainsi, de nombreux auteurs colonialistes ont voulu prouver l’origine européenne des Berbères, en recourant parfois à des acrobaties scientifiques et des arguments vaseux. La présence de groupes au teint et aux yeux clairs dans certaines zones montagneuses du Maroc a été présentée comme la confirmation que les Berbères sont des descendants de tribus celtes venant du nord de l’Europe. Cette interprétation visait à légitimer la colonisation française en trouvant une origine ethnique commune avec la population autochtone et semer la division entre les Arabes et les Berbères. La recherche anthropologique et archéologique moderne a totalement démonté et invalidé l’hypothèse de l’origine européenne des Berbères, très en vogue sous la période coloniale.

Bienvenue chez les MauresDans l’Antiquité, la population berbère d’Afrique du Nord était appelée “les Libyens”. Ce nom recouvrait, chez les historiens grecs et romains, une vaste entité géographique qui s’étendait sur ce qui correspond de nos jours au “Grand Maghreb”. Connus pour leurs qualités militaires et guerrières, les Libyens, ou “les Lebou”, ont pu même accéder au pouvoir en Egypte, avec le roi Chéchonq 1er, pour fonder une nouvelle dynastie de pharaons en 950 avant J.-C. Cette date est considérée comme le début du calendrier berbère.
Mais un autre nom, plus précis, est apparu chez les auteurs grecs et romains pour désigner la population qui se situe à l’ouest de l’Afrique du Nord : les Maures. On ne connaît pas beaucoup de choses, à défaut de traces et de documents écrits, sur cet essaim de tribus berbères qui habitaient sur un territoire correspondant en grande partie au Maroc actuel. D’origine phénicienne, le mot Maures signifie “les Occidentaux” et servait à distinguer géographiquement ce territoire des autres régions d’Afrique du Nord. Le nom de ce peuple aura un autre destin, quand les Espagnols vont l’utiliser, suite à la fin de la présence musulmane en Andalousie, pour désigner ce que nous appelons de nos jours les Maghrébins. Située entre l’Atlantique et oued Moulouya, la population maure était composée essentiellement d’agriculteurs, de pasteurs et de nomades. Le contact avec les Phéniciens, qui ont installé des comptoirs et des escales dans différents endroits du Maroc, a permis aux tribus maures de développer des structures politiques et administratives qui se transforment à partir du IVème siècle avant J.-C en royaume. Les princes et les hauts fonctionnaires maures utilisaient le phénicien comme langue administrative et diplomatique, tandis que les différents dialectes berbères constituaient la langue d’échange entre les populations. La chute de Carthage, qui a entraîné l’effondrement de la puissance phénicienne et l’apparition de l’empire romain, a permis au royaume des Maures d’émerger et de sortir de l’ombre. Les rois maures vont alors entrer dans des alliances complexes avec les Romains pour élargir leur territoire au détriment des autres royaumes berbères d’Afrique du Nord, et notamment les voisins numides.

Jeu de rois…Pendant trois siècles, la dynastie des Bocchus a régné sur le pays des Maures, qui ressemblait beaucoup plus à une confédération de tribus dotée d’un chef qu’à une monarchie centralisée. La fondation du royaume des Maures et son étendue exacte demeurent peu connues en raison de la rareté et la quasi-inexistence même de documents écrits. Les quelques mentions qu’on retrouve chez des historiens romains permettent de croire qu’il s’agit d’un royaume qui s’étendait du nord du Maroc jusqu’à l’Atlas et dont l’oued Moulouya était une frontière naturelle qui le séparait de la Numidie, royaume berbère oriental, parfois allié et souvent concurrent.
Pendant longtemps, le royaume des Maures était ami et soutien des Romains dans leurs différentes luttes en Afrique du Nord. Ainsi, à la fin du IIIème siècle avant J.-C, le roi Baga a fourni à Scipion l’Africain, le célèbre général romain, des contingents de combattants pour livrer un combat final contre la puissante Carthage. La victoire des Romains sur Carthage et la destruction de cette dernière ont dessiné un nouveau visage de la Méditerranée et de l’Afrique du Nord. Un empire est né de cette victoire. L’alliance des Maures avec l’empire romain a permis à la dynastie des Bocchus d’étendre son royaume, de grignoter sur le territoire des voisins et de gagner en pouvoir et en influence. Le déclenchement d’un conflit, entre Rome et le royaume berbère de Numidie, a été une occasion saisie par les Bocchus pour étaler d’une façon spectaculaire le domaine des Maures.
C’est alors que vers 109 avant J.-C, Jugurtha, le jeune roi numide, refuse le plan proposé par Rome de partager son royaume entre différents héritiers, déclenchant ainsi une longue guerre avec les Romains. Jugurtha se tourne alors vers son voisin et beau-père Bocchus 1er, roi des Maures, pour l’aider et le soutenir dans son combat. Mais le roi maure, craignant une réaction dévastatrice de Rome et pensant d’abord à son propre intérêt politique, a fini par livrer son gendre Jugurtha à ses ennemis. La contrepartie de la trahison a été grande : Bocchus 1er a reçu des Romains toute la partie occidentale du royaume numide, qui s’étendait sur une grande partie de l’Algérie actuelle. Les nouveaux sujets des rois maures ont perdu progressivement leur ancienne appellation et le nom de leur royaume déchu, la Numidie, va disparaître pour devenir le pays des Maures.
Mais l’emprise des Romains ne cessera de grandir et leur contrôle sur l’Afrique du Nord atteindra des proportions considérables. La chute du royaume des Maures en l’an 40 avec l’assassinat de Ptolémée, le dernier souverain de la dynastie des Bocchus, a mis fin aux royaumes berbères et placé l’Afrique du Nord sous administration romaine directe.

L’exception culturellePays excentré, bordé de mers et traversé par de massives chaînes montagneuses, représentant peu d’intérêt économique pour les grandes puissances de l’époque, le Maroc antique n’a subi qu’une faible influence culturelle et politique de ses envahisseurs. Les Romains, les Vandales et les Byzantins ont pu successivement occuper le Maroc et empêcher la résurgence de royaumes berbères, mais sans parvenir à marquer profondément sa composition ethnique ou opérer des transformations radicales au niveau de son identité et sa culture. Seul l’islam et les vagues successives de migration arabe réussiront à s’agréger à la composante berbère et fonder les bases de la nation marocaine. Malgré une présence de plus de cinq siècles, les Romains n’ont marqué le Maroc que d’une façon superficielle et l’impact de leur colonisation a été très ténu. La région “Maurétanie tingitane” qui correspondait au Maroc, selon le découpage administratif romain, a été moins latinisée et moins imprégnée par la culture de l’empire, que l’Algérie et la Tunisie. L’occupation romaine est restée confinée à un territoire étroit dans certaines villes comme Tingis (Tanger), Lixus (Larache) et Volubilis. On trouve alors peu de trace de monuments d’envergure que les Romains ont laissés dans d’autres pays, comme les aqueducs, les ponts ou les grandes routes. Deux mondes coexistaient dans ce contexte : une civilisation romaine cloîtrée dans quelques villes-garnisons réservées aux militaires et aux fonctionnaires venus de la métropole et une population qui a gardé intacts ses coutumes, ses traditions et ses dialectes. Les marques de la présence romaine se sont amoindries et effacées avec le rétrécissement de l’empire et l’arrivée de nouveaux conquérants. Vers 429, les Vandales, hordes de tribus germaniques dont le nom est synonyme de destruction, déprédation et pillage, ont envahi le Maroc à la recherche de terres fertiles et de ressources naturelles. Ils se dirigent après vers l’est, pour atteindre l’ancienne Carthage, et ne laissent derrière leur passage que désolation et ruines. Malgré une présence de plus d’un siècle en Afrique du Nord, les Vandales ne laisseront que peu de traces de leur passage au Maroc. Les Byzantins, héritiers de l’empire romain, essayeront de restaurer la gloire et le prestige de leurs ancêtres en partant à la reconquête du Maghreb. Mais ils n’auront que peu de réussite au Maroc et leur zone d’influence est restée limitée à Tanger et Sebta, en raison de la forte résistance opposée par les tribus berbères. Le champ était alors ouvert à de nouveaux conquérants, venus d’Orient, galvanisés par leur religion qu’ils ont pour ambition de répandre et y convertir d’autres peuples : les Arabes.

Quand l’islam débarqueAprès la mort du prophète Mohammed, les musulmans vont se lancer, tous azimuts, dans des conquêtes fulgurantes et rapides, avec des troupes légères et peu fournies en hommes et en armes. En quelques mois seulement et avec une petite armée composée de 4000 hommes, les guerriers arabes ont pu venir à bout des Byzantins en Egypte et annexer l’ancienne terre des pharaons au jeune empire musulman. Mais les choses sont différentes et compliquées au Maghreb face à la farouche résistance berbère. Pour l’armée musulmane, il a fallu plus d’un demi-siècle de combats, de raids et de négociations pour contrôler définitivement l’Afrique du Nord : autant de temps nécessaire pour conquérir la Syrie, l’Egypte, l’Iran et l’Espagne réunis ! Oqba Ibn Nafiî, personnage légendaire et combattant fervent et obstiné, symbolise la dureté de la tâche et la violence de la résistance opposée par les Berbères. Nommé par le calife Yazid en 669, Oqba s’est lancé dans une vaste offensive générale au Maghreb. Après avoir défait les Byzantins et construit Al Kairouan, la ville tunisienne, il pousse un long raid vers la pointe occidentale du Maghreb et atteint Tanger, puis chevauche jusqu’au sud du Maroc, pour arriver aux “pays des Noirs”. Selon la légende rapportée par des historiens musulmans, Oqba avança avec son cheval dans les flots de l’Océan Atlantique, ou “la mer des ténèbres” selon l’appellation arabe, et prend à témoin Dieu que s’il avait la possibilité d’étendre sa conquête au-delà de l’océan il n’aurait pas hésité à le faire. En route vers Al Kairouan, Oqba est tué, près de Biskra en Algérie, dans un combat contre la tribu des Awraba dirigée par Kousseila, le chef berbère. Après la mort de Oqba, de nouvelles campagnes militaires musulmanes sont menées au Maghreb et peu d’entre elles atteignent le Maroc. L’alliance des Byzantins et des tribus berbères a donné de la tablature aux troupes envoyées par les califes de Damas et retardé la domination musulmane sur l’Afrique du Nord. Une femme s’est illustrée dans la résistance des tribus berbères de l’Aurès, en Algérie, et a obligé les troupes musulmanes à battre en retraite. Dihiya ou Damiya, selon les sources, surnommée Kahina par les historiens arabes, est passée dans la mythologie maghrébine pour avoir fait face, jusqu’à sa mort, à l’avancée des troupes musulmanes. Mais une nouvelle et dernière offensive a été l’œuvre de Moussa Ibn Noussaïr en 704. Impétueux, fin négociateur et chef militaire déterminé, Moussa Ibn Noussaïr réussit à conquérir tout le Maroc et à convaincre les Berbères de se convertir à l’islam. La nouvelle religion adoptée par les Berbères leur offre alors un lien solide permettant de transcender les divisions locales et tribales et de cimenter les différentes composantes de la population vivant au Maroc. Beaucoup de Berbères ont intégré l’armée musulmane et participé activement et ardemment aux conquêtes menées sous la bannière de l’islam. L’un d’entre eux, Tariq Ibn Ziad, sera même chargé par Moussa Ibn Noussaïr de lancer les troupes à la conquête de l’Espagne. Tout un symbole.
Chronologie
• 10 000 Av. J.-C : Apparition des ancêtres directs des Berbères au Maroc.
• 1100 Av. J.-C : Les Phéniciens installent leurs premiers comptoirs commerciaux.
• 203 Av. J.-C : Massinisa fonde le royaume numide.
• 105 Av. J.-C : Bocchus 1er étend le royaume des Maures vers l'est.
• 40 Ap. J.-C : Assassinat de Ptolémée, dernier roi maure.
• 285 : Les Romains se replient et abandonnent le Maroc.
• 430 : Début de l'invasion vandale.
• 533 : Les Byzantins tentent de reconquérir le Maghreb.
• 681 : Oqba ibn Nafiî arrive au Maroc.
• 711 : Tariq Ibn Ziad débarque en Espagne.

Origines. Le juif en nousLes plus vieux témoignages sur l'ancienneté de la présence juive au Maroc sont épigraphiques. Ce sont ceux des inscriptions funéraires en hébreu et en grec qui ont été trouvées dans les ruines de Volubilis et qui remontent au IIème siècle avant notre ère. Mais la tradition orale des juifs du Maroc fait remonter la présence juive à l'arrivée des premiers bateaux phéniciens, il y a donc plus de 3000 ans ! Durant toute une partie de l'époque phénicienne, puis durant toute la présence romaine, les villes de Chellah (Salé), de Lixus (Larache), de Tingis (Tanger) ont été très certainement des centres de négoce importants pour les juifs du Maroc, qui pratiquaient surtout le commerce de l'or et du sel. Lorsque les Vandales surviennent, ils trouvent des alliés parmi les juifs, et ceux-ci vont connaître une totale liberté de culte pendant un siècle. Mais quand, en 533, le général Bélisaire est envoyé en Afrique du Nord par Justinien, l'empereur de Byzance, pour chasser les Vandales, les juifs vont entrer dans une période très douloureuse de leur histoire. A la veille de la conquête musulmane, plusieurs tribus juives berbères sont identifiées à travers tout le Maghreb. La conquête musulmane sera pour eux une libération. Rachid Benzine

Portraits. Figures historiques
Bocchus 1er
Descendant d'une lignée de rois maures qui régnaient sur une grande partie du Maroc actuel. Il réussit, en s'alliant aux Romains, à étendre son royaume et le territoire des tribus maures vers l'est au détriment de ses voisins berbères de Numidie. Après sa mort en 80 avant J-C, le royaume est partagé entre ses deux fils, Bocchus II et Bogud qui vont perpétuer la politique de l'alliance avec l'empire romain.

Juba IIRoi berbère, élevé dès son enfance à Rome sous la protection de Jules César. Réputé pour ses qualités intellectuelles supérieures, les Romains vont le nommer souverain d'Afrique du Nord, où il va rétablir la stabilité et rallier Maures et Numides autour de lui. Il épousa une jeune princesse, fille de la célèbre reine égyptienne Cléopâtre et du général romain Antoine. En plus de son talent politique, Juba II était un érudit et auteur d'une œuvre scientifique considérable, selon les historiens romains. Mort en 23 après J-C, il laissa derrière lui un royaume prospère et pacifié.

KahinaBeaucoup de choses ont été écrites et dites sur cette reine berbère, où se mêlent légendes, faits historiques et volonté d'en faire le symbole de différentes causes. Chef des tribus berbères de l'Aurès, elle participa activement à la résistance face aux troupes de l'armée musulmane. Les récits et témoignages divergent sur la religion de “la prêtresse” selon le surnom donné par les Arabes : certains prétendent qu'elle était juive, d'autres affirment qu'elle était chrétienne ou païenne. Après des années de combat contre les conquérants musulmans, Kahina est tuée en 698 par le général Hassan Ibn Nouâman. Avant sa mort, elle demande à ses fils de se convertir à l'islam et de rejoindre les rangs de ses adversaires. L'un de ses fils est même nommé chef des troupes musulmanes et combattra aux côtés de ses anciens ennemis et nouveaux coreligionnaires.

Tariq Ibn ZiadSymbole de la conversion des Berbères à l'islam et du rôle qu'ils vont jouer dans les conquêtes musulmanes, notamment en Europe. Selon les historiens, Tariq était un captif maure affranchi par Moussa Ibn Noussaïr, qui fera de lui son proche lieutenant. Moussa Ibn Noussaïr charge alors Tariq de lancer les troupes de l'armée musulmane, composée en grande partie par des Berbères, à la conquête de l'Espagne. Tariq s’acquitte brillamment de sa mission et défait en quelques batailles décisives les Wisigoths, qui régnaient en maître sur la péninsule ibérique.

Tingis, Zilis, Tamudem…Quand le Maroc était chrétienLe christianisme est attesté en Afrique du Nord à partir du IIème siècle. Il est vraisemblablement arrivé avec la migration de commerçants, de soldats, peut-être de missionnaires venus de l'Empire romain. Le premier document qui nous informe de cette présence chrétienne est constitué par les “Actes des martyrs scillitains”, qui rapportent la condamnation à mort, en juillet 180, d'une dizaine de chrétiens de la ville de Scillium (l'actuelle Kasserine, en Tunisie) qui ont refusé de participer aux cérémonies païennes romaines fondant la vie civique. Mais l'histoire du christianisme au Maghreb est d'abord liée à la personnalité du Carthaginois Tertullien. Né païen, baptisé vers l'an 195, membre de l'élite de la ville créée par les Phéniciens, il va se montrer un grand organisateur et un grand défenseur de l'Eglise d'Afrique. Il nous a laissé une œuvre écrite qui nous permet d'avoir une idée des problèmes qui se sont posés au développement de la foi chrétienne.
En ce qui concerne l'arrivée du christianisme au Maroc, on peut raisonnablement penser qu'elle a pour origine l'Espagne romaine à laquelle la Maurétanie Tingitane a été liée. C'est encore un martyr qui constitue la première preuve de cette présence : le centurion Marcellus, qui eut la tête tranchée, à Tanger en 298, pour avoir décidé d'abandonner la fonction militaire en raison de son appartenance à la foi chrétienne. Le christianisme, en Maurétanie Tingitane comme ailleurs au Maghreb, a dû se développer d'abord chez les habitants d'origine romaine. Puis il a pu toucher des Berbères latinisés (comme le sera, au IVème siècle, le grand Augustin d'Hippone) et d'autres Berbères et Maures. L'extension du christianisme a dû être assez vaste, si l'on en juge au nombre d'évêchés qu'a comptés le Maroc romain : Tingis (Tanger), Zilis (Asilah), Septem (Sebta), Lixus (Larache), Tamudem (Tétouan), Salensis (Salé)... Le site archéologique de Volubilis a livré de nombreux témoignages de la présence chrétienne : des lampes, des céramiques ornées du sigle du Christ, ou de la croix, ou encore de colombes ou d'agneaux. A Aïn Regata, près d'Oujda, on a découvert une table d'autel en marbre. A Lixus, on peut voir les traces d'une petite basilique chrétienne. Par ailleurs, il existe des traditions selon lesquelles des populations noires de la région du Draâ, près de Zagora, auraient été converties au christianisme entre le IIIème et le VIème siècles, par l'intermédiaire de noirs d'Ethiopie liés à l'Eglise copte d'Alexandrie... Vers la fin du VIIIème siècle, ceux-ci seraient rentrés en guerre avec les juifs implantés également dans cette région, qui les auraient défaits. Rachid Benzine

Marrakech : Coup d'envoi du 1er festival "Nuits du Ramadan"


Le coup d'envoi de la première édition du festival "Nuits du Ramadan", un événement placé sous le thème "la jeunesse marocaine pour la promotion du patrimoine", a été donné dimanche soir à l'espace "Ouahat Ennakhil", à Marrakech.
Nuits du Ramadan
Le coup d'envoi de la première édition du festival "Nuits du Ramadan", un événement placé sous le thème "la jeunesse marocaine pour la promotion du patrimoine", a été donné dimanche soir à l'espace "Ouahat Ennakhil", à Marrakech.

Initié par le secrétariat provincial de la jeunesse Harakie, dans le cadre des festivités marquant la célébration par le peuple marocain de la Fête du Trô ne et de la Fête de la Jeunesse, cet événement se propose de créer une série d'activités à caractère récréatif, à même de contribuer à la préservation des traditions et us séculaires, ainsi que du patrimoine ancestral, notamment ceux liés au mois sacré du Ramadan.

La séance d'ouverture de cette manifestation riche en couleurs, a été marquée par l'organisation d'une cérémonie en faveur des petites filles qui viennent de jeûner pour la première fois.

Vêtues en costumes traditionnels, ces jeunes filles n'ont pas manqué de susciter la joie et l'admiration du public présent, le tout dans une ambiance festive, aux rythmes de la Dekka Marrakchia et de la musique Aissaouie.

Au menu de ce festival qui durera toute la semaine, figurent des espaces d'exposition dédiés à la famille et une exhibition consacrée au Caftan.
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jeudi 9 août 2012

La jeunesse et la promotion de l’action associative au cœur des initiatives royales dans la région du Grand Casablanca


Développement des compétences, intégration socioprofessionnelle des jeunes, création d’activités génératrices de revenus et promotion de l’action associative sont les maîtres mots des initiatives entreprises, mercredi, par S.M. le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, au niveau de la région du Grand Casablanca.
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Sa Majesté le Roi Mohammed VI a procédé, à la remise de matériels et d'équipements à diverses associations bénéficiaires dudit programme
Développement des compétences, intégration socioprofessionnelle des jeunes, création d’activités génératrices de revenus et promotion de l’action associative, sont les maîtres mots des initiatives entreprises, mercredi, par S.M. le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, au niveau de la région du Grand Casablanca. À fort impact social, ces initiatives, réalisées par la Fondation Mohammed V pour la solidarité moyennant une enveloppe budgétaire de 12,4 millions de dirhams (MDH), consistent en la pose de la première pierre d’un centre socioéducatif et d’insertion des jeunes à Dar Bouazza et la réalisation d’un programme de développement de projets générateurs de revenus au niveau de la province de Nouaceur.
La concrétisation de ces différentes initiatives procède du choix opéré par la Fondation en matière de soutien aux jeunes, un choix privilégiant la formation en tant qu’outil de développement, d’épanouissement et d’intégration socioprofessionnelle de cette catégorie sociale.
Ainsi, le centre socioéducatif et d’insertion des jeunes répond aux besoins des habitants et des associations du quartier Errahma dans la mesure où il offrira des formations qualifiantes dans des métiers générateurs de revenus, outre la promotion d’activités culturelles, sportives et surtout associatives. Il vient conforter l’effort consenti par la Fondation en faveur de la jeunesse dont la promotion demeure la clé de voûte de toute politique de développement.
Le futur centre disposera d’espaces dédiés aux femmes et aux enfants avec des ateliers de stylisme-modélisme et de pâtisserie, un atelier de promotion des activités génératrices de revenus et d’insertion professionnelle, des salles de formation d’éducatrices, d’hôtesses d’accueil, et d’agents d’entretien, une salle des associations et une aire de jeux pour enfants.
Il comportera également un espace pour jeunes contenant des ateliers de formation en informatique et infographie appliquée, en réseaux et maintenance informatiques, en tapisserie, en diagnostic auto, une salle de formation dans les métiers de sécurité et d’entretien, une salle de communication et de langues étrangères, une médiathèque et un espace associatif et coopératif. Le centre socioéducatif et d’insertion des jeunes de Dar Bouazza comprendra également des terrains de sport ainsi que deux locaux commerciaux générateurs de revenus. La réalisation du centre nécessitera un budget prévisionnel de 10 MDH financés à parts égales par la Fondation Mohammed V pour la solidarité et la Société Idmaj Assakan. Il sera géré par les associations locales en partenariat avec l’Office de formation professionnelle et de promotion du travail qui en assurera la gestion pédagogique.
Initié par la Fondation Mohammed V pour la solidarité au profit de plusieurs associations actives au niveau de la province de Nouaceur, le programme de développement de projets générateurs de revenus ambitionne, quant à lui, l’amélioration des conditions socio-économiques des personnes bénéficiaires et de leurs familles.
S.M. le Roi a procédé, dans ce cadre, à la remise de matériels et d’équipements à diverses associations bénéficiaires dudit programme. Le Souverain a ainsi remis une boulangerie moderne, du matériel de coupe, de couture et de tissage à quatre associations représentant 232 bénéficiaires.
Quatre coopératives laitières, représentant 417 bénéficiaires, ont, en outre, reçu des équipements pour la collecte, le conditionnement, le traitement et la commercialisation des produits laitiers. Enfin, 25 lauréats du Centre de formation professionnelle dans les métiers du bâtiment de Hay Errahma ont reçu des boîtes à outils.
Ces équipements, d’un coût de 2,4 MDH, financés par la Fondation Mohammed V pour la solidarité, profitent à près de 650 personnes issues notamment des douars de Lakdadra, Rmili Ouled Azouz, Lahouachma, Laarbate, Lmaaza, Ouled Aamr et Touama, Bouskoura, Fzaouia, Ouled Dkake, Shabate, Krouta et Abdesslamiyine. Ils contribueront à une meilleure insertion professionnelle des jeunes lauréats du centre de formation professionnelle dans les métiers du bâtiment de Hay Errahma.
Ces différentes initiatives viennent enrichir le capital d’actions solidaires réalisées par la Fondation Mohammed V pour la solidarité dans le Grand Casablanca et destinées à la valorisation des potentialités des jeunes et à l’amélioration des conditions de vie des populations locales.

Le Maroc, gendarme de l'Europe ? A quel prix ?


L'accord de réadmission des émigrés entre le Maroc et l'UE traîne depuis près de 12 ans. Les négociations sont au point mort. Hormis une petite contrepartie financière, l'accord avec l'UE ne présente pas de réels avantages pour le Maroc. Entre-temps, des accords bilatéraux avec l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, la France... continuent de régir les questions de l'émigration clandestine.
maroc ue europe gendarme
Ce que notre diplomatie pensait tout bas, Saâdeddine El Othmani l’a exprimé ouvertement devant le Parlement : en matière d’émigration, le Maroc refuse d’être le gendarme de l’Europe. Mardi, 23 juillet, lors d’un passage devant la Chambre des conseillers, le ministre des affaires étrangères a annoncé que «sur la question migratoire, le Maroc refuse de jouer le rôle de gendarme de l’Europe, et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de ne pas signer l’accord relatif à la circulation des personnes». Lequel accord comporte, selon le ministre, des dispositions «inappropriées».
Il faut d’abord préciser que le ministre s’est un peu emmêlé les pinceaux, en matière de sémantique. Il ne voulait certainement pas parler d’un «accord de libre circulation de personnes», qui n’est en fait pas encore un accord mais un processus lancé dans la foulée du printemps démocratique qu’ont connu certains pays de la rive sud de la Méditerranée. Saâdeddine El Othmani voulait parler en fait d’un «accord de réadmission» en négociation depuis plusieurs années entre le Maroc et l’Union européenne. Quoi qu’il en soit, c’est la première fois que le Maroc réagit de la sorte. 

Cet accord de réadmission a été discuté pendant plus d’une décennie sans aboutir à du concret. C’était en effet vers la fin de l’année 2000 qu’un projet d’accord Maroc-Union européenne a été soumis, officiellement, aux autorités marocaines par la Commission européenne. Dans les faits, il s’agit d’une «communautarisation» d’une série d’accords et de conventions déjà conclus par le Maroc de manière bilatérale avec des pays européens. Le Royaume est déjà lié, en fait, par un accord de réadmission avec l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie. Il a également signé un protocole de réadmission avec la France et des protocoles similaires avec la Belgique et les Pays-Bas. Tous ces textes, toujours en vigueur, portent sur les conditions de réadmission des émigrés clandestins d’origine marocaine interceptés dans les pays signataires. Ils ne posent pas de problème en soi, c’est plutôt leur remplacement par l’accord communautaire avec l’UE qui bloque. En effet, explique ce haut responsable des Affaires étrangères, «il y a certaines difficultés d’ordre technique notamment dans l’articulation entre l’accord Maroc-UE et les accords bilatéraux avec les pays partenaires». Mais, concrètement, que prévoit ce nouvel accord ? A quelles obligations soumet-il le Maroc ? Quels sont ses avantages pour notre pays ? Et surtout qu’est-ce qui a retardé sa conclusion, sachant qu’il fait désormais partie du package relatif au «Statut avancé» ? 

Pour la réadmission des Marocains, le problème ne se pose pas

Les négociations étant secrètes, il est difficile de connaître les termes exacts de la version actuelle du projet de l’accord. Mais, selon la mouture initiale, le projet s’est fixé comme objectif d’«établir des procédures rapides et efficaces d’identification et de renvoi des personnes qui ne remplissent pas, ou ne remplissent plus, les conditions d’entrée, de présence ou de séjour sur le territoire du Maroc ou l’un des Etats membres de l’UE et faciliter le transit des personnes dans un esprit de coopération». Concrètement, comme le stipule l’article 2 de ce projet : «Le Maroc réadmet, à la demande d’un Etat membre de l’UE et sans formalités, toute personne qui, se retrouvant sur le territoire de l’Etat membre requérant, ne remplit pas ou ne remplit plus les conditions d’entrée, de présence ou de séjour en vigueur, lorsqu’il est établi ou valablement présumé, sur la base du commencement de preuve fournie, la nationalité du Maroc». Premier hic, cette présomption ou début de preuve étant suffisante pour les Etats membres pour exiger l’extradition, pose un problème au Maroc puisqu’il doit à chaque fois produire, sans tarder, les documents nécessaires, pour prouver la nationalité de l’immigrant. 

Faire le gendarme en contrepartie de quelques subsides et de visas pour étudiants et hommes d’affaires

Mais, globalement, pour ce qui est des ressortissants marocains, le problème n’est pas posé. «Contrairement à la réadmission des Marocains qui est réglée, c’est celle des ressortissants des pays tiers ayant transité par le Maroc qui ne l’est pas», affirme notre source. Là encore, «les moyens de preuve» sont l’un des points sur lesquels bute cet accord, précise ce haut responsable du ministère des affaires étrangères. Ainsi, le Maroc exige une preuve formelle que le clandestin candidat à la réadmission ait réellement transité par le Maroc. Une clause que l’accord ne prévoit pas. Les migrants clandestins des pays tiers, les Subsahariens particulièrement, représentent un problème pour les deux côtés. Or, pour Bruxelles, il ne peut y avoir d’accords séparés. L’accord de réadmission perd tout son intérêt lorsqu’il n’inclut pas la réadmission des ressortissants des pays tiers surtout dans les cas des pays de transit migratoire comme le Maroc. Notons que le projet d’accord en cours de négociation concerne non seulement les ressortissants nationaux et ceux des pays tiers, mais aussi les apatrides, qui «sont en possession d’un visa ou d’un permis de séjour en cours de validité émis par le Maroc».


Pour le Maroc, il n’est pas question de réadmettre aussi facilement les Subsahariens, qu’ils soient des clandestins ou ayant bénéficié d’un visa ou un permis de séjour marocain. Et ce, pour la simple raison que «pour que cet accord soit accepté, il doit être intégré dans une approche globale et régionale. Il faut que l’UE signe des accords similaires avec les pays de la région et avec les pays émetteurs de l’émigration clandestine», affirme notre source des affaires étrangères. 
Or, pour le moment, l’Union européenne vise plutôt comme objectif de faire en sorte que le Maroc accomplisse deux missions principales. La première étant de retenir ses ressortissants dans son propre territoire. La seconde mission qui lui est assignée par cet accord est d’agir en sous-traitant sécuritaire, faire un travail de contrôle, de dissuasion, de traque et de reconduction aux frontières des ressortissants des pays subsahariens candidats à l’émigration vers l’Europe. En d’autres termes, être le gendarme de l’Europe, dans la rive sud de la Méditerranée. Avec bien sûr tout ce que cela suppose comme effort humain, coûts financiers et surtout une lourde facture à payer en matière des droits de l’homme.

Tout cela pour quelle contrepartie ? La Commission européenne, elle-même, reconnaît qu’au départ, l’approche de l’UE consistait à inviter les pays tiers à négocier un accord de réadmission sans leur offrir de contrepartie. Depuis, les responsables européens se sont ravisés. Les négociateurs de la Commission européenne mandatés par l’UE trimbalent désormais dans leur musette quelques mesures d’incitation. Des mesures d’assouplissement de visas (pour les professionnels et les étudiants) pour commencer et quelques subsides pour aider à la réintégration des nationaux réadmis et au refoulement vers leurs pays des ressortissants des pays tiers, les Subsahariens en l’occurrence. 

Sauf que, côté financier, l’UE ne propose pas grand-chose, elle puise dans un budget très limité (54 millions d’euros par an) destiné initialement à financer des actions de coopération dans le monde entier, pour satisfaire les besoins d’une douzaine de pays et entités avec lesquels elle a engagé des accords de réadmission. 
Bref, pour reprendre les termes de ce haut responsable des affaires étrangères, «pour le moment, l’accord ne présente pas de réel avantage pour le Maroc, il profite plutôt à l’Union européenne». Les négociations ne sont pas pour autant arrêtées. Il faut avouer, reconnaît la même source, qu’«il n’y a pas réellement de visibilité». Que faire alors ? «Nous attendons que l’Union européenne nous fasse des propositions», indique-t-on auprès du ministère.

Libre circulation au lieu de réadmission ?

Entre-temps, l’UE a décidé d’ouvrir des négociations avec certains pays de la rive sud de la Méditerranée -dont le Maroc- qui prévoit une possibilité de libre circulation des personnes. Ce dialogue a été entamé dans la foulée du printemps démocratique qu’ont connu certains de ces pays. «Ce processus prévoit, entre autres, la mobilité des personnes, pour encourager les pays du voisinage à mieux se développer et s’intégrer», confie ce haut fonctionnaire des affaires étrangères. C’est un processus décliné en trois dimensions, affirme la même source : mobilité, sécurité et migration. Mais, «pour le moment, nous n’en sommes qu’aux phases exploratoires de ce dialogue». Il semble toutefois que l’UE ait changé d’approche. «L’Union européenne propose une démarche plutôt équilibrée». Ainsi, contrairement aux accords de réadmission, ce dialogue propose ce qui a été désigné comme «migration circulaire». Il s’agit d’encourager les personnes à trouver un logement en Europe, mais aussi la paix et la sécurité sociale et jouir des droits des personnes installées. Cela devrait s’accompagner dans un premier temps par des mesures de facilitation des procédures d’octroi de visas. Il est prévu également d’aider les personnes émigrées à retourner dans leur pays, s’ils le désirent. La dimension sécuritaire, elle, est liée à la protection des frontières, à la lutte contre la migration clandestine et à la réadmission. 

Pour les Subsahariens, le problème reste donc posé, aussi bien pour le Maroc que pour l’UE. Cette dernière envisage, et c’est une recommandation adressée, il y a un peu plus d’une année, par la Commission européenne à l’UE et au Conseil de l’Europe, d’axer sa politique de réadmission sur les principaux pays d’origine, plutôt que de transit, des migrants en situation irrégulière.

mardi 7 août 2012

Syrie : Défection du Premier ministre Riad Hijab L’armée encercle Alep avant la «grande offensive»


Le Premier ministre syrien Riad Hijab a fait défection, a affirmé lundi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), la télévision d’Etat assurant de son côté que M. Hijab avait été démis de ses fonctions. Selon un responsable du gouvernement jordanien, le Premier ministre syrien Riad Hijab a fait défection en se rendant en Jordanie avec sa famille et a rallié l’opposition. La télévision syrienne avait rapporté, un peu plus tôt que Riad Hijab avait été limogé, sans donner les raisons de sa révocation, moins de deux mois après avoir pris ses fonctions.
Depuis juin à la tête du gouvernement syrien, Ryad Hidjab, dont la télévision de Damas a annoncé lundi le limogeage, s’est réfugié avec sa famille en Jordanie et a rallié l’opposition au régime du président Bachar al Assad.
Il s’agit du plus important membre du clan Assad à faire défection depuis le début de l’insurrection à la mi-mars 2011.
Dans un communiqué lu par un de ses porte-parole sur la chaÂŒne Al Djazira, Hidjab confirme sa défection et annonce qu’il se rallie à la «révolution».
«J’annonce aujourd’hui que j’abandonne ce régime terroriste et criminel et que je rejoins les rangs de la révolution pour la liberté et la dignité. J’annonce aujourd’hui que je suis un soldat de la sainte révolution.»
Cette défection représente le coup le plus dur contre le régime après 16 mois d’une révolte sans précédent contre le président Bachar al-Assad. D’autant plus qu’elle intervient juste après la défection dimanche de trois officiers des renseignements politiques à Damas, dont deux frères issus du clan du vice-président sunnite Farouk al-Chareh, et qui ont trouvé refuge en Jordanie, a assuré à l’AFP le colonel Kassem Saad Eddine, porte-parole de l’Armée syrienne libre en Syrie.
Deux mois à peine après sa nomination, sur fond de révolte populaire devenue conflit armée, Riad Hijab, un sunnite, «a fait défection», a affirmé Rami Abdel Rahmane, chef de l’OSDH, sans toutefois pouvoir dire où se trouvait l’ex-Premier ministre.
Selon le quotidien gouvernemental Techrine, M. Hijab avait présidé dimanche deux réunions centrées «sur les mesures à prendre pour réaménager les régions purifiées des groupes terroristes armées», terme par lequel les autorités désignent opposants et rebelles.
Par ailleurs, le premier cosmonaute syrien, le général Mohammad Ahmad Fares, 61 ans, s’est, lui, réfugié en Turquie, selon l’agence Anatolie.
Par ailleurs, un nouveau général de l’armée syrienne est arrivé en Turquie pour rejoindre les troupes des combattants de l’opposition, accompagné de cinq officiers de haut rang et plus de 30 soldats, a rapporté lundi l’agence Anatolie.
Quelque 400 civils syriens, dont une majorité de femmes et d’enfants, ont suivi les soldats, a ajouté l’agence.
Cette dernière défection porte le nombre des généraux syriens réfugiés en Turquie à 31, depuis le début du soulèvement l’année dernière à la mi-mars.
Certains des généraux déserteurs ont toutefois regagné la Syrie pour rejoindre les combattants actifs dans ce pays déchiré par les conflits, a déclaré un responsable turc à l’AFP, refusant de donner le nombre exact des généraux syriens actuellement présents sur le sol turc.
Ces derniers mois, des centaines de militaires syriens ont passé presque quotidiennement la frontière avec la Turquie pour rallier l’Armée syrienne libre (ASL), souvent accompagnés par des soldats du rang.

Alep encerclé par les forces
du régime

Sur le terrain, l’armée syrienne, qui a achevé son déploiement autour d’Alep, bombardait et livrait bataille aux rebelles dans la ville avant de lancer l’offensive décisive pour le contrôle de cette métropole du nord de la Syrie, enjeu crucial du conflit.
L’aviation a bombardé les quartiers de Char et Sakhour (est), tandis que celui de Salaheddine (ouest), bastion rebelle assiégé par l’armée, était la cible de tirs d’artillerie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Des combats se déroulaient dans d’autres quartiers de cette ville, poumon économique de la Syrie situé à 355 km au nord de Damas, a précisé cette ONG qui tire ses informations d’un réseau de militants et de témoins.
«Tous les renforts sont arrivés et encerclent la ville. L’armée est prête désormais à lancer l’assaut décisif mais attend les ordres», a affirmé cette source. «Cependant la guerre risque de durer car il va y avoir des batailles de rues pour déloger les terroristes».
Selon un responsable de la sécurité, au moins 20.000 militaires ont été déployés sur le front d’Alep, où les rebelles comptent pour leur part entre 6.000 et 8.000 hommes, d’après le journal al-Watan, proche du pouvoir.
«La mission actuelle (de l’armée) consiste (...) à resserrer l’étau et à renforcer le contrôle des entrées de la ville afin d’empêcher (les rebelles) de fuir», selon ce quotidien qui affirme qui des «centaines de terroristes ont été tués» à Alep.
Les rebelles disent tenir la moitié de la ville et affirment que, malgré les bombardements par l’artillerie et l’aviation, les soldats ne parviennent pas à avancer au sol.

Situation figée

Selon des journalistes de l’AFP sur place, la situation semblait figée. L’Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils armés) et les troupes régulières s’affrontent certes violemment à Salaheddine, mais chacun attend encore la grande offensive.
Dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS), plus importante coalition de l’opposition, a accusé l’armée de bombarder le patrimoine architectural d’Alep.
Sur l’autre grand front du conflit, celui de Damas, l’armée a affirmé samedi contrôler totalement la capitale après avoir repris le quartier de Tadamoun.
Trois officiers des services de renseignement politique dans la capitale ont fait défection pour trouver refuge en Jordanie, a assuré à l’AFP Kassem Saad Eddine, porte-parole de l’ASL en Syrie. Le premier cosmonaute syrien, le général Mohammad Ahmad Fares, 61 ans, s’est, lui, réfugié en Turquie, selon l’agence Anatoli.
Alors que la Turquie joue un rôle majeur dans l’aide aux rebelles, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton s’y rendra samedi prochain pour discuter du conflit en Syrie, selon le département d’Etat.
Les violences ont fait dimanche au moins 79 morts, dont 42 civils, selon l’OSDH qui rapporte plus de 21.000 morts depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad en mars 2011.

Iraniens enlevés

Selon Marwane Abdel Aal, de la section libanaise du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche), les combats à Damas dans ou autour du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk a provoqué l’exode au Liban de 600 familles palestiniennes pendant le week-end.
Dans la région de Damas, haut lieu du chiisme, 48 pèlerins iraniens qui se rendaient en bus à l’aéroport ont été par ailleurs enlevés samedi. L’Iran a demandé à la Turquie et au Qatar, qui soutiennent les rebelles, d’intervenir pour les faire libérer.
Les rebelles ont affirmé que parmi ces otages figuraient des membres des Gardiens de la révolution, armée prétorienne du régime iranien, selon une vidéo de la télévision satellitaire Al-Arabiya.
Mais un responsable de l’opposition syrienne a accusé le groupe extrémiste sunnite iranien Jundallah, qui selon lui a «un discours religieux basé sur la haine des chiites et des alaouites», d’être derrière ce rapt et le meurtre de 15 partisans du régime à Yalda dans le sud de Damas.
Après que l’ONU a récemment voté une résolution déplorant l’impuissance de la diplomatie pour arrêter ce conflit, le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, a une nouvelle fois exclu une intervention militaire en Syrie, dans un entretien au journal «Welt am Sonntag».

Egypte : Un commando tue 15 gardes-frontière égyptiens avant de regagner Israël


Des hommes armés ont attaqué dimanche un poste-frontière entre l’Egypte et Israël, tuant 15 garde-frontières égyptiens, avant de pénétrer avec un véhicule blindé sur le territoire israélien où ils ont été neutralisés.

Le président égyptien Mohamed Morsi a convoqué une réunion d’urgence avec le Conseil suprême des forces armées, tandis que le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a estimé que l’assaut soulignait «la nécessité pour les autorités égyptiennes d’agir fermement pour rétablir la sécurité et lutter contre le terrorisme dans le Sinaï».
Un haut responsable égyptien de la sécurité a accusé des «jihadistes» venus de la bande de Gaza voisine d’être derrière l’attaque.
«Des éléments jihadistes infiltrés de la bande de Gaza à travers les tunnels, en collaboration avec des éléments jihadistes des régions d’al-Mahdiya et de Gabal Halal (en Egypte), ont attaqué un poste-frontière pendant que les soldats et les officiers prenaient l’iftar», le repas de rupture du jeûne de ramadan, a-t-il affirmé, cité par l’agence officielle Mena.
En réaction à l’attaque, l’Egypte a décidé de fermer «sine die» le terminal de Rafah, à sa frontière avec la bande de Gaza, selon les médias officiels. Le terminal est l’unique point de passage entre le territoire palestinien, contrôlé par le mouvement islamiste Hamas, et le monde extérieur à ne pas être contrôlé par Israël.
Pas de victime côté israélien
Des hommes armés vêtus comme des Bédouins du Sinaï étaient arrivés à bord de deux véhicules et avaient ouvert le feu sur un barrage, selon un responsable de la sécurité.
Quinze soldats et officiers des gardes-frontière ont été tués, d’après le ministère de la Santé.
Les assaillants se sont ensuite emparés de deux blindés et sont parvenus à pénétrer avec l’un d’eux sur le territoire israélien, près du poste-frontière de Kerem Shalom, avant d’être neutralisés.
«Une explosion s’est produite dans un des véhicules avant qu’il n’atteigne le territoire israélien, tandis que le deuxième véhicule a été attaqué par l’armée de l’air israélienne», a indiqué un porte-parole de l’armée, en précisant qu’»il n’y a pas eu de victime du côté des soldats israéliens».
La radio publique israélienne a précisé qu’un hélicoptère israélien avait attaqué le véhicule et que trois «terroristes» présents à bord avaient été tués.
Dans la nuit, l’armée israélienne menait des opérations dans le secteur à la recherche d’autres membres du commando susceptibles de se trouver en territoire israélien, a ajouté le porte-parole militaire.
De son côté, la police du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé avoir fermé tous les tunnels de contrebande pour éviter toute fuite des membres du commando de l’Egypte vers Gaza.
Des témoins palestiniens ont confirmé à l’AFP que tous les tunnels avaient été fermés par la police qui a également déployé des renforts à la frontière.

Comment traquer les faux C.V.


Faux diplômes, dates arrangées, intitulés de postes surdimensionnés…, la triche sur un C.V. prend plusieurs formes. Internet a facilité la production des faux diplômes.
faux C.V.
La nouvelle a vite fait le tour du monde. Le patron de Yahoo, l’un des plus importants sites d’information et de recherche, aurait falsifié son CV. Une fâcheuse tricherie qui l’a obligé à démissionner au bout de cinq mois de présidence. Pire, un autre haut cadre de la même boîte aurait connu le même sort quelques jours plus tard, toujours pour la même raison. Cas identique cette fois-ci en France où un ex-patron d’un aéroport aurait présenté un CV bidon. Il aurait prétendu être titulaire d’un diplôme d’ingénierie de la navigation aérienne alors qu’il ne l’avait jamais obtenu. Bien qu’il ait accompli son travail remarquablement durant quelques mois d’activité, il a été tout de même licencié pour faute grave.
Ces exemples sont loin d’être anecdotiques. Selon Chantal Aounil, consultante chez Bil Consulting, 80% des CV contenus dans la cvthèque du cabinet ont subi forcément un lifting. Cela va de l’omission à l’enjolivement en passant par les fausses déclarations, si le candidat est quasiment certain que les vérifications s’avèreront impossibles ou très difficiles à faire.
Nombreux sont les candidats qui succombent à ces pratiques. Or, les tricheries n’échappent pas aux recruteurs aguerris, même s’il leur arrive d’accorder des circonstances atténuantes pour certains écarts. L’existence d’un doute sur la véracité des informations transmises est pardonnable, si le candidat joue la carte de la transparence en entretien. Très souvent, il peut s’agir de petits arrangements avec la réalité. Par exemple, le cursus a bien été suivi, mais n’a pas été couronné par un diplôme. Ainsi une mention du genre «Ancien élève» d’une telle école peut signifier que l’intéressé a fréquenté l’école mais n’a jamais réussi l’examen final ou a été viré avant terme. Le candidat peut aussi mentionner le nom d’une grande école étrangère alors qu’il s’agit d’une formation délocalisée. Il arrive que des trous soient laissés volontairement dans le parcours professionnel ou scolaire. «Manquer de précisions sur les dates pour masquer une période de chômage n’est pas grave si on est sincère sur les raisons», explique Chantal Aounil.
En revanche, la mention d’un faux diplôme est préjudiciable au candidat. Le subterfuge est pourtant courant. Avec le développement de l’internet, aucun pays n’y échappe. Une multitude de sites, généralement hébergés dans les pays asiatiques, proposent des diplômes de toutes les grandes universités du monde. Mais le problème est tel que les recruteurs sont extrêmement pointilleux sur ce sujet et n’hésitent pas à appeler les écoles citées pour authentifier les documents fournis. Difficile donc de passer entre les filets s’il s’agit de grandes écoles parce qu’il y va de leur prestige.
Tous les lauréats sont donc minutieusement répertoriés. Le seul problème dans ce cas est que certaines entreprises ne prennent pas la peine de procéder aux vérifications d’usage quand elles recrutent directement pour des postes non stratégiques. Younes Mouhib, DG du cabinet Positif conseil, assure même que 75% des entreprises de la place ne vérifient pas les informations qu’on leur communique sur un CV. Mais souvent, il s’agit de postes non stratégiques. 
Paradoxalement, la fraude s’intensifie à mesure que l’on monte dans la hiérarchie, souligne Mme Aounil. «Les CV améliorés se constatent principalement pour des postes de cadres, parfois même pour des postes de direction. Souvent, ils sont dans une logique de compétition, de quête de nouveaux challenges et, du coup, ils n’hésitent pas à gonfler ou à enjoliver leur CV», explique-t-elle. Ce faisant, il est tentant de fabuler sur l’expérience. «C’est la partie du CV la plus facile à enjoliver», note Mohamed Benouarrek, DRH de Promamec. «Une mission réalisée entre 2003 et 2005 peut durer deux ans comme quelques semaines. Les candidats rallongent souvent les dates pour masquer les périodes d’inactivité», précise-t-il.
Il est difficile de cacher indéfiniment les supercheries
Les artifices sont extrêmement nombreux. Mme Aounil met aussi l’accent sur les approximations des intitulés du poste. «Certains mentionnent toutes les attributions d’un descriptif de poste sans pour autant réaliser toutes les tâches conséquentes», précise-t-elle. Par exemple, il n’est pas rare qu’un responsable RH se fasse passer pour un DRH tout comme un chef de produit pour un directeur commercial.
Les langues sont aussi un facteur important à surveiller. Les candidats ont souvent l’habitude de mentionner «Anglais : parlé couramment». Dans un pareil cas, la question peut être réglée très rapidement lors de l’entretien. Si le recruteur comprend la langue mentionnée, il peut en user au beau milieu de l’entretien. Si cette langue est indispensable pour le poste, il sera possible de se faire aider d’un professionnel. Dans une discussion à bâtons rompus, il sera impossible de se dérober.
Pour montrer sa capacité à travailler en équipe, le candidat peut subitement devenir un pratiquant de sport collectif (football, rugby, volet ou handball) quand d’autres mettent en avant leur endurance et leur pugnacité en mentionnant dans leur CV le marathon ou des sports de combat.
Tout cela relève de la témérité. Parce que pour peu que le recruteur prenne la précaution de faire un minimum d’investigation, les forfaits sont vite débusqués. D’ailleurs, une des précautions d’usage qui devient courante est de demander des références afin de contacter d’anciens employeurs. Les coups de fil aux précédents employeurs sont également fréquents, tout comme les échanges avec d’anciens supérieurs ou collègues du candidat. Les fraudeurs sont donc prévenus. Surtout qu’il est difficile de cacher indéfiniment les supercheries.

9 000 salariés étrangers déclarés au Maroc. Combien sont-ils en réalité ?


Du fait des facilités d'entrée au Maroc, les Européens contournent les formalités de visa en faisant des allers-retours tous les trois mois. Français, Turcs et Chinois arrivent en première position. Le Maroc compte beaucoup moins d'étrangers qu'au début des années 60 et demeure essentiellement un pays d'émigration.
Salariés Chinois Maroc
Le Maroc un pays d’immigration après avoir été, par excellence, celui de l’émigration ? Le ministre PPS de l’emploi, Abdelouahed Souhail, semble le croire lui qui, début juillet, dans une intervention à un forum du Conseil économique et social de l’ONU, établit un lien de causalité entre «la crise de l’emploi au Maroc» et «l’afflux de ressortissants des pays du Nord (…)» ! Les chiffres pourtant n’indiquent nullement que le Maroc soit devenu ou est en train de devenir un pays d’immigration.
Lors du dernier recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) réalisé par le Haut commissariat au plan (HCP) en 2004, la surprise a été grande pour beaucoup de découvrir que, finalement, le nombre d’étrangers officiellement résidents au Maroc n’était que de 51 435 personnes, soit 0,17% de la population totale recensée à cette date. En 1960, quatre ans après l’indépendance du pays, le Maroc comptait 396 000 étrangers. 44 ans après, il n’en restait que 50 000. 

En 2014, date du prochain RGPH, nous saurons si cette communauté d’étrangers a augmenté ou non et dans quelle proportion. Mais une quasi-certitude déjà : quelque importante que puisse être l’évolution du nombre d’étrangers depuis 2004, leur poids ne dépassera pas 1% de la population totale, tout au plus ! Rien à voir avec les proportions d’étrangers observées dans les pays réels d’immigration : 70% aux Emirats Arabes Unis, 35% au Luxembourg, 23% en Suisse, 22% en Australie, 21% au Canada, 16% en Autriche, 14% en Suède, etc. Ceci pour le cadre général. Sur la question spécifique de l’emploi, les étrangers travaillant au Maroc sont numériquement encore plus faibles. De là à penser qu’ils puissent «amplifier la crise de l’emploi»… 

L’Anapec accorde en moyenne 2 000 attestations d’activité par an

Selon les statistiques du département de l’emploi, les salariés étrangers à la fin de l’année 2011 sont un peu moins de 9 000 personnes. Il s’agit bien sûr de travailleurs dont les contrats ont été visés, en premier établissement ou en renouvellement, par l’administration de l’emploi. Ce chiffre mérite quelques correctifs, le premier étant que certains étrangers, notamment européens, du fait des facilités d’entrée au Maroc dont ils bénéficient, n’accomplissent pas la formalité du visa de travail, ils peuvent se contenter d’un séjour touristique de trois mois renouvelables autant de fois que nécessaires par une simple sortie hors du territoire le temps d’un week-end par exemple. Ces personnes n’apparaissent donc pas dans les statistiques du ministère de l’emploi. Mais, objectivement, elles ne doivent pas être des masses ! Les salariés étrangers au Maroc, en vérité, représentent peu de choses. Même en considérant, hypothèse hautement improbable, que ceux qui sont déclarés au service du visa de l’emploi ne sont que la moitié de la population réelle des salariés étrangers, ceux-ci ne seraient qu’à peine 18 000. Que pèsent-ils dans la population active occupée, qui est de 10,3 millions de personnes, ou même dans la population des chômeurs qui est, au dernier chiffre, de 1,13 million de personnes. On est là sur des échelles tout à fait différentes.


Par ailleurs, ces salariés étrangers travaillent en général pour des sociétés étrangères ou à participation étrangère, et dans leur cas, il ne s’agit pas d’une immigration économique à proprement parler mais plutôt professionnelle et temporaire. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si les ressortissants de nationalité française sont en tête des salariés (3 116) dont le contrat a été visé par le ministère de l’emploi. Rappelons en effet que la France est économiquement très présente au Maroc, elle y est le premier investisseur. De la même manière, si les Turcs (740) viennent en deuxième position en termes de contrats visés par l’administration, c’est parce que ces dernières années, les entreprises turques sont fortement présentes au Maroc dans le cadre des marchés d’infrastructures qu’elles réalisent. La preuve, s’il en fallait encore une, qu’il s’agit moins d’immigration économique que professionnelle et temporaire, c’est que le classement des contrats visés par nationalité montre que les quatre premières concernent de grands pays développés : France (3116 salariés), Turquie (740), Chine (625) et Espagne (298). 

Dans les pays dits d’immigration, le gros des travailleurs étrangers est issu de pays pauvres et/ou en voie de développement. Ce qui n’est pas le cas au Maroc. Mis à part le Sénégal classé à la sixième place par ordre d’importance de ses ressortissants salariés au Maroc, le premier pays africain, donc sous-développé, en l’occurrence le Congo, apparaît à la 20e place avec 92 ressortissants salariés. 

Par ailleurs, même si l’ANAPEC accorde quelque 2 000 attestations d’activité en moyenne annuelle, le stock des salariés étrangers ne s’apprécie pas du même chiffre, ce qui accrédite l’idée qu’il s’agit d’activité plutôt temporaire. Entre 2007 et 2011, le stock des salariés dont les contrats ont été visés par le ministère de l’emploi n’a en effet augmenté que de 1398 personnes (voir tableau), soit une moyenne de 280 personnes par an...

Salarié étranger : le sésame de l'ANAPEC

Les entreprises désirant engager des salariés étrangers doivent d’abord s’adresser à l’ANAPEC qui vérifiera par une annonce publicitaire que le profil à recruter n’existe par sur le marché. Si, à l’issue de l’annonce, aucun candidat marocain ne s’est manifesté pour le poste, l’ANAPEC délivre alors «une attestation d’activité pour les salariés étrangers» et l’employeur est ainsi autorisé à recruter l’étranger mais après avoir obtenu un visa du ministère de l’emploi.

Cette procédure longue et fastidieuse que beaucoup abandonnent en cours de route, s’applique à tous les étrangers, sauf aux Sénégalais, aux Algériens et aux Tunisiens. Selon l’ANAPEC, environ 2 000 attestations en moyenne sont délivrées chaque année, sur environ 4 000 demandes.

samedi 4 août 2012

Selon des chaînes de télévision américaines


Selon des chaînes de télévision américaines, le Président américain a signé une directive secrète de soutien à l’opposition armée contre Assad.
#Les violentes confrontations en Syrie semblent se rapprocher d’une conclusion.
Le président américain Barack Obama a signé un document secret autorisant l’aide américaine aux rebelles syriens, qui tentent de renverser le régime de Bachar el-Assad, ont rapporté des chaînes de télévision américaines mercredi.
La directive était incluse dans une «conclusion» – un instrument permettant aux services secrets américains (CIA) d’agir clandestinement, ont affirmé NBC et CNN, citant des sources non identifiées.
«Des représentants de la Maison Blanche ont refusé de commenter ces informations, mais n’ont pas explicitement exclu l’idée que Washington apportait plus de soutien en termes de renseignement aux forces anti-Assad qu’il avait été précédemment admis officiellement.» Washington avait auparavant dit que les États-Unis offraient une assistance médicale et logistique aux rebelles syriens, mais refusaient de fournir des armes, avertissant qu’il serait contre-productif d’«armer» davantage le conflit. «Ces informations sur une relation plus resserrée entre les États-Unis et les rebelles syriens apparaissent au moment où les violentes confrontations en Syrie semblent se rapprocher d’une conclusion, et où les combats font rage entre le gouvernement et les forces de l’opposition à Damas et Alep.» Lundi, M. Obama a eu un entretien téléphonique avec le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, et les deux dirigeants se sont mis d’accord pour «accélérer la transition politique en Syrie avec le départ de Bachar al-Assad.
Pour sa part, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta est arrivé jeudi à Amman pour s’entretenir avec le roi Abdallah II du conflit en Syrie et de l’afflux de réfugiés en Jordanie. «Les États-Unis
“travaillent très étroitement” avec les Jordaniens pour fournir de l’aide humanitaire afin de venir en aide aux quelque 150 000 Syriens qui ont trouvé refuge en Jordanie.» Un premier camp de réfugiés, capable d’accueillir jusqu’à 120 000 personnes, a été ouvert dimanche à Mafraq, près de la frontière syrienne, permettant à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de commencer à y transférer les réfugiés, qui jusqu’à présent étaient dans des centres de transit bondés.
L’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui se fonde sur une étude réalisée par l’ONU et le régime syrien, a annoncé jeudi que trois millions de Syriens ont un besoin urgent de nourriture et d’aide pour les cultures de céréales et le bétail. «Sur ces trois millions de personnes, la moitié nécessite une aide alimentaire immédiate et urgente au cours des trois à six prochains mois, notamment dans les zones qui sont le théâtre d’âpres conflits et de déplacements de population», selon la FAO. Près d’un million de personnes ont besoin d’assistance pour les cultures, le fourrage, les combustibles et la réparation des pompes d’irrigation.
Sur le terrain, «les rebelles ont bombardé jeudi matin l’aéroport militaire de Menagh, à 30 km au nord-ouest d’Alep, d’où décollent les hélicoptères et les avions qui mènent des raids sur la ville, ont indiqué des sources concordantes.»
Quant au porte-parole des Nations unies Martin Nesirky, il a affirmé mercredi que, selon la mission de l’ONU en Syrie, les rebelles étaient en possession d’armes lourdes, dont des chars, à Alep, deuxième ville du pays où des combats sans précédent ont lieu depuis plusieurs jours entre forces gouvernementales et insurgés.
Les observateurs ont également affirmé que les troupes régulières avaient eu recours à des avions de chasse pour tirer sur Alep.